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L'architecture romane s'est développée en Europe au cours du Moyen Âge (v. 950 ~ XIIe siècle). On peut la caractériser par la réintroduction de la technique romaine antique de la voûte en pierre, généralement en plein cintre. Les colonnes qui supportent les arcs sont typiquement cylindriques et surmontées de chapiteaux souvent sculptés avec des représentations d'animaux ou de plantes ou encore de symboles plus ou moins géométriques.
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Toute définition de l'architecture romane telle que celle qui précède est nécessairement réductrice dans la mesure où cette architecture recouvre des réalisations d'une grande variété et construites sur une longue période. On attribue parfois le qualificatif de « roman » à des édifices dont la datation est très incertaine, simplement parce qu'on y retrouve des techniques ou une ambiance qui semblent romanes à l'observateur moderne : voûte en berceau, arc en plein cintre ou chapiteaux historiés par exemple… En fait,il existe des édifices romans charpentés et non voûtés (dans les pays scandinaves surtout), tandis que le berceau en plein cintre est plutôt l'exception par rapport à l'arc légèrement brisé. Enfin, bien des chapiteaux romans ne sont pas historiés.
On peut donc définir l'architecture romane sur des critères plus subjectifs, plus ou moins bien étayés par ce que nous croyons savoir des interprétations religieuses de ces époques. On pourrait donc dire, même si cette présentation s'applique mal au caractère ascensionnel des grandes églises auvergnates, que l'architecture romane, notamment dans les édifices de petite taille, procure au visiteur le sentiment d'une certaine massivité qui évoque plus l'ombre, la pénombre ou cette « lumière profonde » dont parle Yves Bonnefoy que les envolées lumineuses des verrières gothiques. Elle ne relèverait pas d’une ascendance pour une finalité glorieuse, mais plutôt d’une « transcendance vers le bas », d’une forme cryptique et initiatique par une ambiance de mystère originel.
L'architecture romane est issue de l'architecture carolingienne et se développe en parallèle de l'architecture ottonienne.
L'architecture carolingienne est issue d'un renouveau intellectuel lié à Charlemagne et à son couronnement par le pape. Charlemagne devient ainsi l'héritier de l'Empire romain. Et c'est en réunissant à sa cour de grands érudits issus de tout l'Empire qu’il crée un renouveau intellectuel dans les domaines de l'art, de l'écriture et de la vie spirituelle, qui se caractérise par un retour aux modèles antiques : la renaissance carolingienne. Avec la mort de Charles le Chauve en 877, l'Empire ainsi que l'art carolingien prennent fin. Les Barbares envahissent le territoire favorisant les premières constructions romanes connues, les châteaux forts, et donc la féodalité.
La bataille de Hastings permet aux Normands d’occuper l'Angleterre. Ils créent un art roman spécifique à partir du XIe siècle.
Otton Ier, pour sa part, maîtrise le système féodal germanique. Il favorise la création d'un art ottonien au service de la magnificence de l'image impériale.
Le centre intellectuel de la féodalité se situe essentiellement dans les abbayes et les monastères où se développe l'art architectural roman. Le premier art roman naît alors, regroupant l'ensemble des expériences et créations nouvelles dans le reste de l'ancien Empire (c'est-à-dire sans la Normandie ni la Saxe).
Les sources d'inspirations sont tirées de livres comme le manuscrit de Saint Gall ou le Physiologue dont les origines remontent à l'Égypte au IIe siècle de notre ère pour ce dernier.
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Collégiale Saint-Vincent à Soignies. |
Église Saint-Martin de Tohogne. |
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Église Saint-Étienne de Waha. |
L'architecture romane ne se développe pas au même moment dans les différentes régions françaises. L'apogée est atteint vers 1130 au Languedoc (Moissac), dans le Poitou, en Bourgogne (Vézelay, Autun) ; l'Auvergne développe un style spécifique au milieu du XIIe siècle ; enfin, le Sud-Est connaît des développements remarquables à la charnière du XIIIe siècle, alors même que la France du Nord voit le développement des grandes cathédrales gothiques.
Les spécificités régionales ne doivent cependant pas être exagérées ; la mobilité des techniciens d'alors fait qu'on peut trouver des points communs à des édifices géographiquement distants. De plus le choix de tel élément stylistique peut dépendre des goûts du commanditaires ou de l'expérience des architectes.
La Provence possède, comme l'Auvergne, la Bourgogne, beaucoup d'édifices romans, quelques-uns parmi les plus célèbres de France. Les plus représentatifs étant les abbayes de Sénanque, de Silvacane et du Thoronet, surnommées "Les Trois Sœurs Provençales".
Il convient toutefois de retenir parmi les plus merveilleuses représentations de l'art roman, le monastère de Ganagobie qui outre son architecture remarquable, possède une impressionnante mosaïque de près de 80 m2 et datant du début du XIIe siècle. Il convient également de signaler l'Abbaye Notre-Dame de Boscodon, dans les Hautes-Alpes (05200), construite au milieu du 12° siècle par des moines Chalaisiens, aujourd'hui restaurée par l'Association des Amis de l'Abbaye de Boscodon (A.A.A.B.) et habitée par une petite communauté de religieux et religieuses dominicains, cistercien, frère missionnaire des campagnes. Style roman extrêmement pur et dépouillé. Boscodon a essaimé en Provence, par exemple les anciennes abbayes de Lure, de Pierredon et de Valbonne. La Provence présente l'originalité d'avoir une abbaye complète construite durant les années 1980 selon les méthodes anciennes de l'architecture romane ; l'abbaye du Barroux. Celle-ci est habitée par une communauté de moines bénédictins.
Le Poitou, l'Angoumois et la Saintonge ont développé des aspects spécifiques au début du XIIe siècle.
On peut rencontrer des tours-clochers à flèche de pierre, ou des nefs à files de coupoles.
Le portail est le plus souvent dépourvu de tympan ; en revanche il est embelli par une riche archivolte sculptée où chaque pierre représente un personnage.
Le Limousin n'est pas un grand centre de l'art roman mais sa position de confins lui a valu de subir les influences des grandes écoles comme le Languedoc et le Poitou. La majorité des édifices romans parvenus jusqu'à nous est constituée de petites églises rurales aux caractéristiques souvent proches. Ainsi, elles possèdent très souvent un clocher dit à peigne, le mur ouest forme un imposant massif percé de deux ou trois petites baies en plein cintre où se situent les cloches. L'autre spécificité limousine mais qui est sensiblement moins courante est le clocher dit "limousin". Le meilleur exemple est celui de Saint-Léonard-de-Noblat en Haute-Vienne. Les premiers étages sont à plan carré, les étages supérieures sont de plan octogonal ; le passage entre les deux plans se fait par l'intermédiaire de gâble. Les étages sont toujours percés de baies en plein cintre, le plus souvent géminées ; le clocher est coiffé d'une flèche en pierre qui a le plus souvent été remplacée par des toits charpentés. Enfin, une spécificité est le boudin limousin, sorte de cylindre de pierre qui entoure les baies. Les édifices cités dans les sections suivantes sont les plus importants et les plus beaux du Limousin, les églises secondaires ne pouvant figurer dans cet article généraliste.
Voici un site très intéressant et très bien fournit en documents photographiques qui décrit les principaux sites romans de la Corrèze. [1]
L'Auvergne est l'un des hauts lieux de l'architecture romane française. Cinq églises du Puy-de-Dôme ont reçu l'appellation d'« églises majeures » et peuvent servir de base à une compréhension de l'architecture romane auvergnate. Construites par les moines bénédictins de La Chaise-Dieu ou dans un style défini par eux, elles semblent avoir pris pour modèle l'ancienne cathédrale romane de Clermont-Ferrand, aujourd'hui remplacée par un édifice gothique. Ces églises se caractérisent par les éléments suivants :
Les cinq églises majeures sont l'église de Saint-Saturnin, l'église de Saint-Nectaire, la basilique Notre-Dame d'Orcival, la basilique Notre-Dame-du-Port de Clermont-Ferrand et l'église abbatiale Saint-Austremoine d'Issoire.
L'église Saint-Pierre de Mozac faisait partie des églises dites majeures car elle adoptait jusqu'au XVe siècle le plan de type basilical et les éléments qui caractérisent les cinq églises évoquées ci-dessus. Mais des tremblements de terre en 1477 et 1490 ont conduit à un remaniement profond de son architecture. De roman, il ne reste à Mozac que la nef centrale et la bas-côté nord. Tout le reste a été reconstruit en gothique.
Bibliographie
Le roman bourguignon se caractérise par des voûtes en berceau brisé scandées par des arcs doubleaux, un triforium (arcature aveugle) surmonté de petites fenêtres, des pilastres cannelés.
L'abbaye de Cluny :
La Priorale de Paray-le-Monial :
Le comté de Toulouse et le Languedoc sont un foyer novateur au début du XIIe siècle. L'aménagement monumental de l'entrée est inauguré à la basilique Saint-Sernin de Toulouse. De nouveaux supports, le trumeau et le linteau, permettent l'élargissement du tympan qui est couvert de sculptures. Cet accent mis sur le portail d'entrée reflète un passage de l'Évangile selon Saint-Jean : « C’est moi la porte. Qui entrera par moi sera sauvé ».