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| Géographie | ||
| Pays | ||
| Région | ||
| Communauté | ||
| Province | ||
| Arrondissement | Ath | |
| Coordonnées | ||
| Superficie | 126,95 km² | |
| Données sociologiques (source : statbel.fgov.be) | ||
| Population – Hommes – Femmes Densité |
27.586 (01/01/2008) 48,50% 51,50% 217 hab./km² |
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| Pyramide des âges – 0–19 ans – 20–64 ans – 65 ans et + |
(01/01/2004) 21,42% 61,46% 17,13% |
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| Étrangers | 890 (01/01/2008) | |
| Économie | ||
| Taux de chômage | 14,89 (01/01/2006) | |
| Revenu annuel moyen | 12.396€/hab. (2003) | |
| Politique | ||
| Bourgmestre | Jean-Pierre Denis | |
| Majorité | PS | |
| Sièges PS FORUM MR |
29 19 6 4 |
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| Sections de commune | ||
| Section | Code postal | |
| Ath Lanquesaint Irchonwelz Ormeignies Bouvignies Ostiches Rebaix Maffle Arbre Houtaing Ligne Mainvault Moulbaix Villers-Notre-Dame Villers-Saint-Amand Ghislenghien Isières Meslin-l'Évêque Gibecq |
7800 7800 7801 7802 7803 7804 7804 7810 7811 7812 7812 7812 7812 7812 7812 7822 7822 7822 7823 |
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| Autres informations | ||
| Gentilé | Athois(e) | |
| Zone téléphonique | 068 | |
| Code INS | 51004 | |
| Site officiel | www.ath.be | |
Ath, (en néerlandais Aat, en picard Ât, en wallon Ate) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement en province de Hainaut. Elle est le siège d'une Justice de paix.
Ath se situe à 60 km à l'ouest de la capitale Bruxelles, à 65 km à l'est de Lille, à 27 km à l'est de Tournai et à 23 km au nord de Mons. La proximité de l'autoroute A8, les routes nationales et la présence d'une gare SNCB au trafic élevé en font un axe de circulation d'importance régionale.
Au confluent des deux Dendres, Ath, dont le passé est riche et le folklore exceptionnel, est la capitale du pays vert. Elle est la cité des géants. La ducasse (eul ducasse), qui a lieu le quatrième dimanche d'août, est reconnue depuis 2005 comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'UNESCO
Ath[1],[2] est situé au confluent de la Dendre proprement dite et de la Petite Dendre. De ces deux petites rivières, la première prend sa source vers le village de Pipaix (Leuze-en-Hainaut). La seconde jaillit de la fontaine Locquet, à Herchies, elle passe à Lens, à Cambron-Casteau, à Brugelette, à Attre, à Arbre, où elle reçoit la Hunelle descendant de Chièvres, puis elle traverse Maffle et enfin la ville d'Ath de part en part, pour venir confluer au nord avec la première.
À partir d'Ath, la Dendre est canalisée. Son cours, sinueux et lent, traverse les campagnes y rencontrant un autre affluent plus important, la Sille. Elle arrose plus loin Ninove, Alost et se jette finalement dans l'Escaut à Termonde.
La région athoise est essentiellement agricole. Au centre d'une cuvette se situe la ville proprement dite.
L'infrastructure des communications comprend trois types de voies[3].
Le réseau ferré SNCB a subi un démantèlement important. Ath, qui a la gare de voyageurs la plus fréquentée du Hainaut occidental, est au croisement des axes Lille-Bruxelles et Borinage-Flandre. Le réseau TEC est entièrement constitué par des lignes d'autobus.
L'arrondissement d'Ath est en outre quadrillé par un réseau dense (600 km au total) de routes nationales et de routes communales de qualité variable. En 2005, on dénombrait 92 accidents de la route[4] qui firent 139 victimes dont 12 sont décédées sur place ou dans 30 les jours, 14 blessés graves et 113 blessés légers.
Une voie d'eau à faible gabarit et comptant 25 écluses, le canal Ath-Blaton[5], est prolongé par la Dendre.
Un sentier de grande randonnée, le GR 121[6], traverse la ville. Ce sentier suit le trajet Bruxelles - Virginal - Pays d’Ath - Bonsecours - Pas-de-Calais (Boulogne-sur-Mer). Le territoire de la commune ne possède qu'un faible de réseau de pistes cyclables. Cependant le RAVeL 4[7] suit le canal Ath-Blaton et la Dendre canalisée au Sud et contourne légèrement la ville à l'ouest et au nord.
Le Pays d'Ath[8] se trouve sur le versant nord d'un pli résultant du plissement « hercynien » : versant nord du synclinal de Namur et qui descend du sud du Brabant jusqu'à la vallée de la Haine pour se relever ensuite vers les « Hauts Pays » (région de Roisin).
Il existe deux failles évoquées, l'une au nord-ouest d'Ath, l'autre à Maffle, le socle qui s'étend du « bois du Renard » à la chaussée de Mons s'est surélevé, mais cette émergence a été si bien rabotée par l'érosion au profit des parties environnantes en contrebas, qu'elle n'apparaît plus. Les calcaires magnésiens ou dolomies comportant des petits cristaux s'étalent sous la ville. Au sud de celle-ci, ce banc s'enfonce et cède la place au petit granit sur lequel s'appuie le calcaire argileux que l'on trouve du Domaine d'Irchonwelz à la carrière du Baron. Le même étagement apparaît (dolomies, petit granite, calcaires) à Maffle. Quant à la faille d'Attre, elle révèle des calcaires noirs à ligne de phtanites (viséen) de Brugelette à Cambron-Saint-Vincent.
Au nord d'Ath gisent des roches plus anciennes, grès à pavés très durs appelés psammites et dont on trouve des échantillons près de l'écluse de Rebaix.
Le nord de la ville s'appuie sur des bancs schisteux dont l'imperméabilité retient les eaux et rend marécageuses les prairies de Lanquesaint et d'Isières.
À la fin de l'ère primaire, les eaux déposent de l'argile noire fossilifère dans toutes les cavités qu'elles avaient creusées dans le calcaire, mais cette couche a été fortement érodée sauf dans certains creux où elle était mieux protégée.
Il y a environ 70 millions d'années, c'est-à-dire à l'époque tertiaire, les eaux marines envahissent à nouveau la région et y déposent des galets, des sables, des argiles, puis, quand elles se sont retirées, les fleuves comme la Dendre, la Sille, la Hunelle, aujourd'hui bien modestes rivières et ruisseaux, ont érodé ces dépôts yprésiens pour dénuder la roche du fond de leur lit.
Enfin, il y a quelques centaines de milliers d'années, soit à l'époque quaternaire, les glaciers polaires ont glissé du nord vers le sud et atteint la partie septentrionale de l'Allemagne et des Pays-Bas, jusqu'au Limbourg néerlandais. La fonte des neiges et des glaces a déposé plusieurs mètres de limon. L'épaisseur de ces dépôts va diminuant vers le sommet des collines. À Ath, on a mesuré 8 m de ce limon sous la Grand-Place, 10 m à la rue G. Dubois et 13 m à la rue I. Hoton lors du creusement de puits d'eau.
Les collines les plus hautes[9] du territoire d'Ath sont le bois du Renard (château d'eau) et la Belle Vue (bois du Roy) à 77,50 m. À la limite d'Irchonwelz et d'Ath (haut de la chaussée de Tournai), on enregistre 60 m d'altitude, alors que la cuvette d'Ath ne dépasse guère 25 m. Mis à part le Mont de Mainvault qui atteint 126 m, on relève un maximum de 75 m également en bordure du bois de Reniemont à Houtaing et au hameau de Foucaumont à Villers-Saint-Amand.
Ath, au confluent des deux Dendres, constitue un nœud ferroviaire et routier. La ville est à peu près à mi-chemin entre Lille et Bruxelles et se situe sur l'un des axes Borinage-Flandre. La cité possède quelques industries mais devient de plus en plus résidentielle, ses habitants travaillant principalement à Bruxelles[10]. À Maffle et dans la vallée de la Dendre occidentale, on trouve d'importants témoins de l'industrie de la pierre, à présent arrêtée.
En ville, le secteur primaire est insignifiant et les deux tiers de la population active sont affectés au secteur tertiaire.
En zone rurale, l'effectif agricole est minoritaire et dans la majorité des communes, le secteur primaire l'emporte, tandis que les effectifs migrants appartiennent aux secteurs secondaire et tertiaire. Au point de vue agricole, 50 % des champs sont voués aux cultures céréalières et betteravières [11].
En matière d'élevage, le Pays d'Ath occupe une place enviable sur le plan des bovins comme en atteste l'importance nationale du Concours foire qui se tient annuellement à Ath depuis 1925[12].
Le climat de la région d'Ath est un climat tempéré océanique[13] comme pour l’ensemble de la partie occidentale de la Belgique, la proximité de l’océan Atlantique régulant le temps grâce à l’inertie calorifique de ses eaux. Le climat peut être influencé par des courants humides et doux en provenance de l’océan, mais aussi par des courants secs (chauds en été et froids en hiver) provenant de l’intérieur du continent européen. En moyenne sur les 100 dernières années, on observe 208 jours de pluie par an.
| Mois | J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D | Moyenne annuelle |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) (sous abri, moyennes) | 1,8 | 2,7 | 4,8 | 8,0 | 11,7 | 14,9 | 16,5 | 16,3 | 13,9 | 9,7 | 5,4 | 2,4 | 9,0 |
| Précipitations (hauteur moyenne en mm) | 58 | 47 | 50 | 54 | 66 | 72 | 78 | 76 | 70 | 70 | 66 | 65 | 772 |
La superficie totale[4] est de 126,9 km². Elle se répartit de cette manière (en km²) :
Blasonnement : « D'or à un aigle à deux têtes de sable (noir), chargée en cœur (au milieu) d'un écusson d'or (jaune) au lion de sable (noir), ayant pour support une croix trefflée de sable (noir) posée sur trois degrés de même». Les armes actuelles ont été accordées en 1818 et confirmées en 1840[15].
Les armoiries de la ville d'Ath apparaissent pour la première fois dans le sceau que lui octroya le comte de Hainaut, Guillaume IV de Bavière par acte du 14 mai 1406. L'aigle rappelle l'appartenance du prince à une famille qui avait occupé, en la personne de son grand-père, Louis de Bavière, le trône impérial, et l'inclusion du Hainaut dans l'empire germanique depuis le Xe siècle. Le lion est l'emblème héraldique du fondateur de la ville, Baudouin IV de Hainaut. La croix perronnée est la croix de franchise, symbole des privilèges communaux.
Comme beaucoup de villes au riche passé, des historiens ont voulu donner à Ath des origines mythiques et plus précisément troyennes. Les Romains prétendaient dériver des Troyens. Un descendant d'Enée, Romulus, aurait bâti Rome. Les Français seraient issus de Francus, autre Troyen. Bavo, encore un Troyen, aurait fondé Bavai. Même Chièvres aurait eu pour auteur Servius, roi de Rome. Ath aussi et la Dendre doivent leurs noms à un illustre prince. Jacques de Guise[16], dans ses Annales, écrit : « Anténorides ou descendants d'Anténor (encore un Troyen !), que Servius avait pour alliés dans son expédition contre les Belges (Bavai), prirent position au nord de Tournay, au confluent des rivières d'Aube (Arbre) et de Tenre (Dendre). C'est de ce peuple que l'endroit a pris le nom d'Ath qu'il porte encore aujourd'hui, et que la rivière a été appelée Tenre».
Après Anténor, c'est à Attila, roi des Huns, que les récits légendaires font honneur de la fondation d'Ath. Jean Zuallart, maïeur de la ville d'Ath de 1584 à 1634 et premier historien de la ville, s'est fait l'écho de toutes les fables qui avaient cours de son temps sur l'origine d'Ath. Combinant Jacques de Guise avec un autre chroniqueur plus fantaisiste encore, Jean Lemaire, il ne trouve pas trop invraisemblable qu'Attila ait campé avec ses 500 000 guerriers près d'Ath et dans la campagne d'Huncegnies (Huissignies), et qu'il ait construit au confluent de l'Albe et de la Dendre, un fort qui fut le berceau de la ville d'Ath[17].
Mais Zuallart ne s'arrête pas là. Cherchant un fondateur plus honorable, il trouve Aetius, patricien romain. Il envisage aussi qu'Ath ait pu être la capitale du peuple des « Attuatiques », descendants des Cimbres et des Teutons, qui se battirent vaillamment avec les Nerviens contres les armées de César.
Gilles-Joseph de Boussu trouve ses fables acceptables[18].
Le dernier historien à avoir donné des origines mythique à la ville d'Ath est Tespésius Dubiecki, Polonais réfugié à Ath de 1841 à 1848. Celui-ci est chargé en 1841 de classer les archives. Il réalise ce travail en 555 jours puis publie une histoire d’Ath, quelque peu fantaisiste, en 1847, où il met en évidence la richesse de ses archives. Slave, Dubiecki voit partout des Slaves ou des Aths, leurs congénères, et pour lui, Aths, Attuatiques et Athois, c'est tout un : Ath a une origine slave. Le Brabant tire son nom des Slaves ; le mot Hainaut a une étymologie slave ; le géant Goliath a des ancêtres slaves[19].
Les découvertes remontant au paléolithique sont rares à Ath et dans la région. À cette époque, l'homme se nourrissait des produits de la chasse, de la pêche et de la cueillette, il vivait en nomade.
C'est au Néolithique ancien, vers 5 000 avant notre ère, que l'agriculture et l'élevage font leur apparition en Belgique, aboutissement d'un long cheminement de nouveaux arrivants qui partis du Proche-Orient remontent le Danube puis descendent le Rhin pour remonter enfin la Meuse. Après les premières découvertes datant des années 1970, 16 sites de cette période sont connus maintenant entre Irchonwelz et Ellignies-Sainte¬Anne qui font de cette petite région la mieux documentée sur cette période après la Hesbaye.
Les recherches de Léonce Demarez, Michel Daubechies, Claude Constantin et J.-P. Farrugia[20] ont bien établi l'existence sur le plateau sis au sud des deux Dendres, et probablement sur les terres limoneuses de tout le pays d'Ath, au début du quatrième millénaire avant notre ère, de trois cultures successives, les civilisations du Limbourg, d'Omal et de Blicquy, qui prolongeaient vers l'ouest celles qui, venant d'Allemagne, s'étaient alors établies sur la rive gauche de la Meuse et dans le bassin parisien. Leurs fouilles ont mis en évidence les habitations, la céramique et un matériel lithique caractéristique des premiers hommes du néolithique. Jusqu'à présent leurs recherches n'ont apporté aucun élément d'information sur ce qui a existé entre ces trois cultures présentes à Irchonwelz, Ormeignies, Aubechies, Blicquy et Ellignies-Sainte-Anne, et la civilisation de Michelsberg attestée deux cents ans plus tard à Blicquy.
Des travaux publics (TGV et installation d'une conduite de gaz Distrigaz) ont permis de découvrir un de ces sites et d'enrichir la documentation[21].
Blicquy est incontestablement le site romain le plus riche et le mieux connu à ce jour dans la région. Le musée d'Ath et celui de Blicquy donnent une idée précise de son importance.
À la périphérie d'Ath[22], sur le territoire de Maffle, aux confins des localités de Maffle, d'Ath et de Meslin-l'Evêque, d'importants vestiges gallo-romains de la fin du IIe siècle ont été mis à jour à la fin du XIXe siècle[23]. Ces tombeaux en pierre avaient été pillés, mais les fouilleurs en ont néanmoins retiré des fragments de vases, des pièces de monnaie de Faustine, d'Antonin le Pieux, de Lucille et de Commode, des médailles, ainsi que des morceaux de tuiles. Une population était donc établie dans le voisinage immédiat d'Ath à la fin du IIe siècle.
En 1993, l'agrandissement d'une Zone d'Activité Économique (ZAE) sur la commune de Meslin-l'Évêque a permis la fouille d'une imposante villa gallo-romaine. S'étendant sur au moins 5 hectares, son plan s'apparente aux grandes villae qui se développent en Gaule Belgique entre la deuxième moitié du IIe siècle et la première moitié du IIIe siècle. Elle demeure exceptionnelle par son ampleur et du fait de son implantation autour d'un ruisseau[24].
Le nom de lieu Athum, dont l'origine et le sens demeurent inexpliqués, apparaît pour la première fois dans un texte de 1076. Il existait alors, depuis un temps indéterminable (probablement depuis l'époque mérovingienne), une modeste église rurale (au lieu dit « Viès-Ath ») qui était dédicacée à saint Julien et qui appartenait à l'abbaye de Liessies (nord de la France). Au nord, près du confluent des deux Dendres, au lieu-dit « Brantignies », se trouvait une église dédiée à saint Martin (possession de l’abbaye Saint-Martin de Tournai)[25]. Les petites communautés rurales qui y vivaient commencèrent à assécher le marécage pour le cultiver.
Vers 1160, Baudouin IV, dit le Bâtisseur, comte de Hainaut, achète une partie de la terre d’Ath à Gilles de Trazegnies, qui y avait quelques propriétés. Il y construit un donjon carré, la Tour Burbant, afin de protéger le nord de son comté.
En s'installant à cet endroit[26], le comte de Hainaut avait un double but : verrouiller à la tête de la vallée de la Dendre, une frontière ouverte, perpétuellement menacée par son rival flamand ; surveiller et soumettre à l'autorité comtale les puissantes familles nobles (Avesnes, Chièvres, Silly, Trazegnies, La Hamaide, ... ) qui voulaient maintenir leur liberté d'action. Un châtelain sera chargé de cette mission. Il agira sur une vaste circonscription militaire et judiciaire, de Tournai à Enghien, de Flobecq à Condé. Autour de la forteresse, la ville neuve s'est développée entre le « Viès-Ath » et Brantignies, et à leurs dépens puisqu'elle finira par les absorber.
C'est seulement au début du siècle suivant, grâce à l'initiative du comte Guillaume Ier d'Avesnes que s'est fait le passage au stade urbain du développement de la cité.
Les Athois furent sûrement dotés de privilèges[27] en 1166 par la charte-loi de fondation ; on a conservé des privilèges généraux de la ville du premier tiers du XIVe siècle et de 1459. Des chartes particulières y ont ajouté des avantages juridiques, fiscaux et économiques divers, dont bénéficiaient les bourgeois masuriers, personnels et forains. Ils étaient exempts du tonlieu ou winage entre la Haine (rivière) et l'Escaut, excepté au marché du mardi à Chièvres, du meilleur catel, du droit d'aubanité, de mainmorte, d'avouerie, de la banalité du four et du moulin. Ils n'étaient justiciables que du maire et des échevins. Ils étaient protégés dans leur personne du droit de vengeance privée et dans leurs biens et leurs intérêts par le monopole judiciaire des échevins. L'autonomie du « franc-bourg » s'étendait d'ailleurs aux plans financier, militaire, politique et économique. Les institutions communales seront complétées le 14 mai 1406 par le comte Guillaume IV de Bavière qui instituera un conseil de dix notables, élus par le mayeur et les échevins, sur l'avis du châtelain, pour conseiller le magistrat sans empiéter sur la compétence propre des échevins et des jurés. Dotée de libertés, la « ville neuve » attire la population autour de son marché et est ceinturée par une fortification entre 1330 et 1350. La croissance de la population entraîne la construction d’une seconde enceinte, munie de 28 tours, s’allongeant vers le sud et l’est et achevée à la fin du XIVe siècle.
La Grande peste fit des victimes à Ath. Le chroniqueur hennuyer François Vinchant (1582-1635) affirme que la maladie aurait fait mourir mille personnes à Ath. Ce chiffre, sans doute approximatif, n'est pas invrai¬semblable quand on sait que la ville comptait 5 000 ou 6 000 habitants au XVIe siècle. Mais nous restons toujours dans des évaluations hypothétiques. Quoiqu'il en soit, cette donnée confirme l'importance du fléau, mal connu, qui a frappé notre ville en 1348-49[28].
Au XVe siècle, quelques 5 000 personnes vivent en ville. Les activités de production (draps, toiles, peaux, pierre) et l’artisanat de luxe (orfèvrerie, ébénisterie, sculpture) sont en plein essor. Le marché du jeudi et la foire annuelle génèrent une intense animation commerciale.
Cependant, sous Philippe le Bon, exactement le 3 mai 1435, un incendie détruisit 800 maisons avec une vitesse effrayante. La ville fut reconstruite[29].
Signe de la richesse de la ville[30], les institutions ecclésiastiques et hospitalières se multiplièrent au XVe siècle. Rien ne prouve que ce soit en 1416 que furent fondées les écoles latines, mais elles existaient bel et bien quelques années plus tard. Deux communautés religieuses s'établirent dans la ville, le monastère de Nazareth, qui fut reconstruit une première fois après l'incendie de 1435, entre le quai Saint-Jacques et place de la Croix Gaillard, et, en 1446, le couvent des Récollets, à l'emplacement du nouvel Athénée. L'hôpital Saint-Jacques apparut, entre 1421 et 1423, sur la place. Il était destiné aux pèlerins étrangers. La chapelle fut consacrée et l'hôpital inauguré en 1426. Après l'incendie de 1435 la chapelle fut reconstruite au même emplacement, mais l'hôpital fut installé rue des Bouchers. Un nouvel incendie en 1504 amena sa reconstruction sur le quai Saint-Jacques. L'hôpital de la Madeleine fut, lui, un hôpital pour les malades. Il fut fondé à la suite d'un conflit entre le magistrat et les Béguines du Pont du Moulin, qui refusaient la tutelle échevinale. La ville acquit en 1448 un terrain (actuellement entre la rue E. Cambier et le square Saint-Julien), et y installèrent huit religieuses qui adoptèrent la règle de l'Hôtel-Dieu de Valenciennes et obtinrent de Philippe le Bon le 14 avril 1449 des droits qui furent consignés dans une charte.
Dans cette ambiance générale se développe la procession, célébration de la dédicace de l’église paroissiale. Y défilent des groupes, illustrations des récits de l’Ancien et du Nouveau Testament, de la Légende dorée ou du Cycle de Charlemagne.
Ath est occupée en 1578-79 par les Orangistes.
Le XVIIe siècle[31] débute par la construction de l'hôtel de ville, entre 1616 et 1624, d'après les plans du célèbre architecte des archiducs Albert et Isabelle, Wenceslas Cobergher. Quelques années plus tôt, en 1608, les Capucins établissaient, au Marché aux toiles, le couvent qui fut transféré rue des Hauts-Degrés en 1672. Les Jésuites s'établissaient en 1621. En 1627, les Sœurs grises de la Pénitence, ou couvent de Saint-François, s'installèrent rue des Bouchers. À partir de 1668, la ville va prendre un nouveau visage.
En 1667, les armées de Louis XIV conquièrent la ville. Après cette conquête, Vauban fait construire une fortification nouvelle entre 1668 et 1674. Ath fut la première ville du pays fortifiée par Vauban. Etalés sur six ans, les travaux mobiliseront jusqu'à 1.800 soldats et plus de 400 civils. La ville est de nouveau assiégée par Vauban en 1697[32], par les Alliés commandés par Marlborough en 1706, et une fois encore par les Français en 1745.
Cette imposante enceinte comprend huit bastions, reliés par des courtines, elles-mêmes protégées par des tenailles et des demi-lunes. La place forte sera démantelée après le siège de 1745.
Le développement urbain est directement lié à l'extension des voies de communication. À partir du XVIIIe siècle, les chaussées dites thérésiennes (réalisées à l'époque de Marie-Thérèse d'Autriche) relient Ath à Mons (1727), Tournai (1744) et Bruxelles (1769). Le réseau routier est complété et amélioré au XXe siècle.
Le régime français[33] est marqué par l'abolition de l'Ancien Régime et son remplacement par le régime censitaire qui assure la domination de la bourgeoisie. Les institutions actuelles (conseil communal, justice de paix) vont s'installer. Ath devient le centre d'un canton et d'un arrondissement.
Ces transformations ne se réaliseront pas sans excès ou sans déboires : les géants seront brûlés, les contributions lourdes et les actes de violence particulièrement nombreux. L'influence de la guerre, presque permanente, fera sentir ses effets : passages de troupes, chasse aux conscrits réfractaires, internement des prisonniers de guerre, recrutement de soldats.
|La Caserne Siron vers 1900|thumb]]
Mais l'époque napoléonienne procura aux toiles d'Ath des débouchés à travers toute l'Europe. Les familles bourgeoises en tirèrent largement profit.
Les Hollandais relèvent les fortifications démantelées au XVIIIe siècle. Sur le mont Féron, ils construisent un fort et des casemates souterraines, encore visibles de nos jours. Elles sont un témoignage intéressant sur l'art militaire hollandais. La caserne Siron, aujourd'hui démolie en était un autre. On retrouve aussi l'influence hollandaise dans le petit corps de garde édifié sur la grand-place à l'emplacement de la halle et dans les parties de l'église Saint-Julien qui ont été reconstruites après l'incendie de 1817.
La participation des Athois à la Révolution belge de 1830 est importante. La ville se libère elle-même et envoie des volontaires à Bruxelles. Un de ses représentants, Eugène Defacqz, joue un grand rôle au Congrès National.
Si Ath compte 7300 habitants à la fin du XVIIIe siècle, elle traverse une grave crise dans la première moitié du XIXe siècle. Entre 1840 et 1850, la ville connaît une période difficile suite au déclin du commerce de la toile (6 000 toiles vendues en 1843 contre 25 000 au début du siècle). Les effets de la révolution industrielle tardent à se faire sentir. En 1845, 3 400 habitants sur 8 315 sont secourus par le bureau de Bienfaisance. La croissance économique de la seconde moitié du siècle est déclenchée par l'essor de l'industrie du bois et de la pierre, la mécanisation des activités textiles et l'activité des industries agro-alimentaires. Les usines et les ateliers de travail du bois comptent 1 000 ouvriers vers 1900 alors que les carrières occupent près de 600 personnes (surtout dans le village voisin de Maffle). Vers 1890, quelque 200 personnes s'activent dans les moulins et brasseries et la mécanisation du textile offre de l'emploi à plusieurs centaines d'ouvriers.
Ath devient un nœud de communications ferroviaires: le chemin de fer la relie à Mons en 1848, à Alost en 1855, à Bruxelles en 1866, à Blaton en 1878 et à Saint-Ghislain en 1879. Le réseau s'enrichit au début du XXe siècle des liaisons vicinales vers Flobecq et Frasnes. La mise en service du canal d'Ath à Blaton assure les liaisons par voie navigable avec la France et la canalisation de la Dendre favorise le trafic vers le nord du pays (1865).[34]
Si la ville d'Ath atteint son apogée au début du XXe siècle avec 11 226 habitants en 1916, elle souffre des difficultés économiques de l'entre-deux-guerres qui marquent le déclin puis la disparition progressive de l'industrie du meuble, des usines textiles et des agro-industries.
Au XXe siècle, le déclin industriel a mis en évidence le rôle commercial, administratif et scolaire de la cité de Goliath. Au cours des 20 dernières années, la rénovation urbaine a permis la renaissance et le développement de nombreux quartiers alors que les monuments publics (hôtel de ville, églises, musées, bâtiments administratifs) étaient rénovés ou restaurés. Le dynamisme de la cité s’est affirmé avec l’aménagement réussi de la Grand-Place ou les projets de développement touristique.
Le 31 juillet 1914, le roi Albert Ier décrète la mobilisation générale de l’armée pour que la neutralité de la Belgique soit préservée. Les réservistes arrivent à la caserne le 4 août 1914 et la quitte le lendemain.
Les Allemands entrent en ville le vendredi 21 août 1914. C'est la veille de la Ducasse. Toutes les festivités de sont annulées. L'occupation allemande est dure. Les usines de meubles sont fermées. L’approvisionnement est difficile, la presse est suspendue, l’occupant réquisitionne, etc.
En 1917, des Athois sont déportés. La Résistance s’organise : réseaux d’espionnage (les frères Descamps, Léon Trulin et Gabrielle Petit), organisation de sabotages (le plus célèbre est celui de la gare de Mévergnies en mars 1918)[35].
En novembre 1918, les Allemands font exploser les voies de chemin de fer puis la gare est bombardée par les Alliés. Ce sont les Anglais qui libèrent la ville. Le cortège de la Ducasse 1919 est remanié pour célébrer la victoire et sortira deux fois. Le Char d'Albert et Isabelle est transformé en Char de l'apothéose montrant, Albert, le Roi chevalier et Elisabeth, la Reine infirmière entourés de poilus en uniforme.
Un monument aux morts est érigé au fond de la rue Ernest Cambier.
La mobilisation générale est décrétée le 26 août 1939, le samedi de la ducasse. Diverses mesures sont prises pour faire face à un conflit[36] : occultation des réverbères et des écrans de passage à niveau, aménagement d'abris contre les attaques aériennes, essai de sirènes, ... La défense passive s'organise. Le vendredi 10 mai 1940, les Allemands attaquent la Belgique. Deux alertes résonnent à Ath. Un avion allemand est abattu à Ormeignies et quatre aviateurs sont faits prisonniers. La population civile, paniquée, prend le chemin de l'exode. En décembre 1939, des cartes de ravitaillement sont distribuées. Le rationnement est instauré le 10 mai 1940 mais n'entre réellement en pratique que le 25.
Dès la capitulation de la Belgique, l'autorité allemande impose un rationnement sévères des denrées alimentaires (et du savon par exemple). Le bétail est réquisitionné. La fraude, le vol (de pommes de terre par exemple) et le marché noir sévissent en ville et dans les campagnes.
Pour abuser les Alliés et les détourner de l'aérodrome de Chièvres, un faux terrain d'aviation fut créee par les Allemands à la limite d'Aubechies et d'Ormeignies, avec des avions en bois et un bunker encore visible près de la ligne TGV.
Si la collaboration avec l'occupant existe, la Résistance s'organise. Elle est particulièrement active dans les villages. Des groupements, tels que les Partisans Armés, le Front de l’Indépendance hainuyer, l’Armée Secrète, le Groupe G ou le Réseau Porcupine Mandrill, y sont bien implantés. Le hameau de Perquiesse – Francquier était régulièrement utilisé comme lieu de parachutage ou d’atterrissage d’avions britanniques.
Dès la fin de 1943, les actions se multiplient : sabotages de lignes de chemin de fer (en particulier la ligne Mons–Grammont qui passe à Rebaix), incendies de wagons, subtilisation de documents administratifs, récoltes de vivre pour le maquis, sauvetage de pilotes anglais, presse clandestine et renseignements, sans oublier des expéditions de représailles contre des collaborateurs. La cache de réfractaires constitue une des formes de résistance passive la plus courante.
Après le débarquement de Normandie, les actions se durcissent, mais aussi la répression. À Rebaix[37], en juillet 1944, deux rexistes sont abattus. 66 otages sont arrêtés. Certains des otages rebaisiens seront déportés à Zittau, puis internés à Bodenbach, en Tchécoslovaquie. La plupart reviendront.
La Libération a lieu le 3 septembre 1944, tant dans les villages qu'au centre-ville. Les Américains entre à Ormeignies à 11 h, les Anglais a Autreppe. La Brigade Piron libère Ath avant de se rendre à Bruxelles.
Le 8 septembre 1944, on célèbre le mariage de Goliath à Saint-Julien devant une foule considérable.
Les historiens Léo Verriest[38] et J. Dugnoille[39] estiment qu’un marché a dû exister depuis le début de la ville neuve (vers 1166).
En 1312, des Lombards (banquiers italiens) sont attestés à Ath. En 1325, la halle aux blés, aux viandes et aux draps est construite sur la Grand-Place. Ce bâtiment sera reconstruit en 1482 et 1820. En 1360 : le marché aux toiles voit le jour ; sa notoriété sera renforcée par le duc Philippe le Bon en 1458.
Le premier écrit qui parle d'un marché date du 27 juin 1368 lorsque le duc Albert de Bavière accorde une franchise aux négociants qui se rendent à Ath. Ce décret fut visé et confirmé par Philippe le Bon en mars 1451. Les vendeurs y viennent du Hainaut entier. Les grains, viandes et draps s’achètent à la halle. Le poisson a son marché en bordure de Dendre ; une minque y est aussi créée en 1750. Les toiles envahissent une petite placette contiguë au grand marché. Vu l’ampleur du commerce textile, le marché aux toiles se tient, non seulement le jeudi, mais également le lundi et le samedi.
Les bourgeois et manants de la ville peuvent y acheter notamment des volailles, du beurre, des œufs, du fromage, des fruits, des cochons, etc. Les emplacements réservés aux marchands sont déterminés par le magistrat.
De la révolution française à la révolution belge, les places aux foires et marchés sont affermées par adjudications publiques pour le terme de trois ans. Le nouveau régime belge conserve le même principe. Chaque marchand a ainsi un abonnement au m² par année.
Le règlement de 1907 rappelle et maintient la corrélation entre l’endroit de la vente et le type de produits commercialisés. Le beurre et les œufs sont vendus sur le marché aux toiles, les poulets et petits animaux sur le marché au lin, les fruits entre le bureau de police et la statue d’Eugène Defacqz, les légumes dans les rues de Brantignies et du pont Quelin, et enfin, les produits manufacturés et autres sur la grand place. Par décision du conseil communal, le marché aux fruits et légumes est déplacé à la rue Ernest Cambier en 1913.
Au XXe siècle, des plans mentionnent 286 emplacements sur le marché (grand place et marché aux toiles). En cas de travaux, foire ou ducasse, le marché, dit alors « dispersé », est situé, dans les années 1950, sur le square Saint-Julien et dans les rues du jeu de paulme, du puit caffin, de la Madeleine et du collège. Durant les années 1960-1970, le marché dispersé s’étend depuis le pont de Brantignies jusqu’au monument des partisans rue de la station, le haut de la rue de l’industrie étant réservé aux horticulteurs et marchands de fleurs.
Après la seconde guerre mondiale, la taxe communale est perçue sur différents types de marchandises : œufs, beurre, volaille, marchands de volaille, démonstrateurs, fruits et légumes et étalages divers. Des marchands sont originaires d’Anderlecht, Péruwelz, Ellezelles, Baudour, Flobecq, Overboelaere, Bruxelles et Warchin. Des demandes d’emplacements, en 1981-1982, font place à des marchands de Deux Acren, Bruxelles, Kuurne, Ninove, Basècles, Molembeek-Saint-Jean, Waterloo, Bredene, Izegem, Oosterzele ou Courtrai.
Aujourd'hui, le marché se tient le jeudi de 8 h à 12h30. Chaque place est adjugée une fois par an et renouvelée par tacite reconduction. L’adjudication des places libres a lieu le dernier jeudi de juin. Les lots non adjugés peuvent être loués chaque jeudi au commerçant qui se présente le premier.
Les découvertes gallo-romaines attestent du travail du calcaire ou du grès dans l'Antiquité autour d'Ath (Essentiellement à Maffle). Au Moyen âge, l'activité est connue vers les XIVe siècle et XVe siècle. À partir du début du XIXe siècle, les commandes des agriculteurs (pour la chaux), les besoins des travaux publics et privés en pierres taillées ou en pavés (routes, gares, canaux, digues, fortifications) favorisent le développement des carrières et les débuts de leur mécanisation. La croissance a continué jusqu'à la première guerre mondiale. Le déclin a commencé après celle-ci et s'est accentué jusqu'en 1945. Aujourd'hui, il ne reste plus de siège d'extraction de la pierre dans tout l'arrondissement d'Ath. [40]
Les usines Cambier étaient les plus importantes. Vers 1880, Léon et Henri Cambier établissent près du canal, au niveau de l'ancien bastion d'Artois une grande usine qui occupa jusqu'à 700 ouvriers. Spécialisée dans les chaises en bois tourné, on y produisait aussi du mobilier et de la décoration d'intérieur.
Les usines Carton sont concurrentes de la précédente. L'usine de François carton et Myrtill Herman produisit dès la seconde moitié du XIXe siècle des chaises, meubles et banquettes de café. En 1896, elle occupe 247 ouvriers.
Léon Delmée, Yvo Herman, Émile Gignez, les frères Cardinal, Maurice Sansen... fabriquaient également des chaises et du mobilier.[41]
L'usine des frères Sadoine s'est installée le long de la Dendre en 1866, derrière le moulin des Estanques, perpétuant, à la Révolution industrielle l'activité principale de la ville sous l'Ancien Régime. La toile sera remplacée par la jute au XXe siècle.
Les produits de bonneterie de Félix Empain sont réalisés et vendus sur place dans un magasin situé rue de la Caserne : « Chez Grand-mère » [42]
La brasserie Wincqz (rue Defacq) a été fondée par Félicien Wincqz (né en 1862) et a fonctionné à la fin du XIXe siècle. Internat scolaire dans les années 1960, elle abrite actuellement des appartements.
La brasserie Langie (Petite rue des Bouchers) était installée dans un hôtel de maître du XVIIIe siècle. On lui adjoint une cheminée pour la malterie au XIXe siècle (aujourd'hui démolie). Restauré, le bâtiment est voué au logement.
La sucrerie d'Ath s'est développée au faubourg de Mons à partir de 1871. Exploitée par Bara, Durieu et Compagnie au début du XXe siècle, elle produit 3 millions de kilos de sucre de betterave. En 1926, elle a traité sur sa campagne 50 millions de kilos de betteraves. Les activités ont cessé dès 1952 (la candiserie reste active jusqu'en 1970).
Quelques faits de la « petite histoire » d'Ath[43].
Le 3 mai 1335, un violent incendie détruit une grande partie de la ville depuis la porte du Gâdre jusqu'à la porte d'Enghien.
Le 4 juin 1357, à la médiation du comte de Hainaut Guillaume III de Bavière, est conclu entre Louis de Maele, comte de Flandre et Wenceslas, duc de Brabant, le « traité d'Ath» qui rattache la principauté de Malines au Brabant.
Le 13 mai 1394, Messire Gérard d'Obies, châtelain d'Ath, pose la première pierre de l'église Saint-Julien, en présence du Magistrat, du Conseil et de l'Abbesse de N.-D. du Refuge, Alix d'Embrinne.
Le 6 novembre 1423, le pape Martin V délivre une bulle permettant la fondation de l'hôpital Saint- Jacques ainsi que la chapelle. Ces édifices étaient destinés au service des pèlerins faisant étape à Ath sur le long cheminement qu'ils accomplissaient vers Saint-Jacques de Compostelle, en Espagne.
Le 24 mars 1445, Philippe le Bon abolit la table des jeux de dés et de brelan établie square Saint-Julien à Ath. Les infractions sont punies de 10 livres tournois. On trouve dans l'exposé des motifs: « ... pourquoy les délinquans ont esté pugnis de mort, et que plus est, continuellement notre Sauveur Jhu-Crist, la glorieuse Virge Marie et les beneois sains du paradis, y sont renoyer et despitez, horriblement jurez et parjurez, et moult outrageuses et vilaines paroles proférées... Ce pourquoi ordonnons ... (sic) »
Le 30 janvier 1448, Philippe le Bon séjourne à Ath, au château. Sur proposition de Thiry de Meersem, châtelain, le magistrat lui offre un muid et demi de vin vermeil (216 litres) du prix de 20 livres 8 sols.
Le 13 juillet 1499, Philippe le Beau, père de Charles Quint fait sa joyeuse entrée à Ath.
Le 14 décembre 1508, Julien Fossetier, poète et historien, né à Ath en 1451 dédie à Marguerite d'Autriche, régente des Pays-Bas, ses «Chroniques Margariticques » et en 1525, au lendemain de la victoire de Pavie, il adresse un ouvrage en vers à l'Empereur Charles Quint.
Le 15 juin 1671, Louis XIV arrive à Ath, séjourne en la rue des Récollets avec les «3 reines» pendant plusieurs semaines. La tour de l'église Saint-Julien est illuminée dans toute sa hauteur.
Le 22 mai 1697, le maréchal de Catinat investit la place d'Ath.
Le 19 juillet 1754, Charles de Lorraine, Gouverneur des Pays-Bas autorise la confrérie de la Passion à ériger un calvaire sur le rempart. Il sera transféré par après près de l'église Saint-Martin.
Le 19 juin 1781, un édit proscrit aux étudiants du Collège d'Ath de fréquenter les cabarets.
Le 18 mars 1793, le major Leloup, « le diable athois » contribue à la victoire des Autrichiens à Neerwinden et l'année suivante, ce même Jean Leloup combat le général français Pichegru, ce qui lui vaut d'être élevé au grade de lieutenant-colonel.
Le 27 mars 1793, en l'hôtel du château Bourlu à Ath, le général Dumouriez signe entre les mains du général Mack, chef de l'état-major des armées autrichiennes, sa trahison qui consistera à aider l'Autriche à rétablir son autorité en Belgique. Assistent à cet acte les généraux Valence, Thowenot, le duc de Chartres (Louis-Philippe Ier) et le colonel Montjoye.
Le 8 juillet 1794, le général Kleber requiert les Athois de fournir à ses troupes campées à Isières, 15.000 rations de pain, 7.000 pots de bière et 8.000 livres de viande.
Le 5 fructidor an II de la République (25 août 1794), un jeudi, les géants d'Ath sont brûlés au son des carmagnoles.
Le 25 août 1798, la foire d'Ath supprimée par l'Empereur Joseph II est rétablie.
Le 10 avril 1817, l'église, la flèche et le carillon de Saint-Julien sont incendiés. Détruite le 27 mars 1606 par une violente tempête, elle était reconstruite le 26 avril 1607.
Le 4 mai 1823, le roi Guillaume Ier des Pays-Bas arrive à Ath et y séjourne quelques jours avec le prince Frédéric.
La fusion des communes est effective au 1er janvier 1977. La nouvelle entité créée regroupe 19 anciennes communes ou sections, l'ancienne ville d'Ath et 18 villages (voir infobox).
Sous l'Ancien Régime, Ath a été gouvernée par les notables. Les échevins sont toujours des fils ou gendres d'échevins. Les dirigeants et hauts fonctionnaires communaux sont choisis dans un cercle restreint et peu accessible.
Sous le régime censitaire, il en a encore été ainsi, mais l'évolution de la loi électorale a atténué puis supprimé cette oligarchie. Sous la période unioniste, l'esprit de 1830 se maintint. Les catholiques l'emportaient aux élections législatives, les libéraux contrôlant le conseil communal. La question du collège d'Ath brisa cette entente et les partis s'affrontèrent dans la presse dès 1841. Dès sa constitution, le parti libéral l'emporta et conserva la majorité jusqu'en 1903. Mais les deux ailes de celui-ci, les doctrinaires conservateurs et les radicaux progressistes, s'opposèrent vigoureusement. Ces derniers, conduits par le bourgmestre Jean-Baptiste Delescluse et le secrétaire communal Henri Marichal, l'emportèrent de 1848 à 1855. Doctrinaires et catholiques reconstituèrent pour un temps (1852-1857) l'unionisme. La défaite des radicaux rendit la majorité aux libéraux, mêmes s'ils étaient divisés sur la question sociale (Association libérale contre Ligue démocratique).
Les élections de 1894, faites au suffrage universel tempéré par le vote plural, permirent l'entrée en scène des socialistes, qui vont jouer un rôle d'arbitre. Avec l'adoption du suffrage universel pur et simple (1919), ils devinrent le parti athois le plus important et même emportèrent la majorité absolue de 1932 à 1938, et depuis 1945.
Jean-Pierre Denis (PS) a été nommé bourgmestre le 16 juillet 2008. À 49 ans, il remplace Bruno Van Grootenbrulle, qui désirait assurer au mieux sa défense après son inculpation dans la catastrophe de Ghislenghien. Il est assisté dans la gestion de la ville par 6 échevins (tous PS) : Raymond Vignoble, Jean-Luc Faignart, Pierre Chevalier, Patrice Bougenies, Geneviève Leclercq et Carine Delfanne[44].
Ath abrite un commissariat de police, une caserne de pompiers, un hôtel des finances, un tribunal de Justice de paix ainsi que d'une Maison de l'emploi du Forem.
L'infrastructure hospitalière comprend un hôpital (« La Madeleine ») faisant partie du réseau RHSM [45], un centre d'accueil de jour pour personnes adultes handicapées (les « Heures heureuses »[46] ) et des maisons de repos.
Le « Ceva » (« Centre d’Exposition et de Valorisation Agricole ») fut inauguré le 28 septembre 1985, en présence du Ministre Philippe Busquin. Il s'agit d'un vaste hall de 3 700 m² où se déroulent des manifestations de haut niveau en matière économique, agricole et sportive.
Intégré avec le Ceva, l’abattoir de la Ville d’Ath (mis en service en 1958) présente aujourd'hui la particularité d'être toujours propriété communale. Il propose ses services aux entreprises du secteur agroalimentaire, aux bouchers, aux agriculteurs et aux particuliers pour l'abattage des espèces bovines, porcines, ovines et chevalines. Actuellement, environ 80% des bêtes proviennent d’un rayon de plus ou moins 40 kilomètres de ses infrastructures. L’abattoir a également l’avantage de répondre aux normes de la Communauté Européenne et est agréé CEE. Il peut donc commercialiser ses produits dans le monde entier contrairement à un abattoir de faible capacité qui est limité à la Belgique.
Le budget initial [47] pour l'exercice 2007 présentait au service ordinaire un déficit de 913 104 € à l’exercice propre. Le budget de l’exercice 2008, quant à lui, présente un mali de 1 397 956 €, soit 484,852 € de plus que l’an dernier. Les recettes globales s'élèvent à 28 714 177 € pour un total des dépenses de 30 595 368 €.
La majorité des recettes (87,7%) provient des taxes (taxe communale pour l’enlèvement des immondices ; taxe communale pour le raccordement à l’égout ; taxe additionnelle à l’impôt des personnes physiques (8,7% en 2008)) et de la délivrance de documents administratifs payants.
Le poste de dépense le plus important concerne le personnel communal (39%).
En 2008, la production d'ordures ménagères à à Ath tourne autour de 214 kg par habitant, soit enviro