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Noétique

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La noétique, du grec ancien noûs (νοῦς, intellect), est une branche de la philosophie qui traite des questions de l'intellect et de la pensée. Parmi ses objectifs principaux on peut mentionner l'étude de la nature et du fonctionnement de l'intellect humain et les liens entre cet intellect et l'intellect divin. C'est pourquoi la noétique a eu souvent des liens très étroits avec la métaphysique. Dans la tradition occidentale et dans la philosophie arabe la noétique a été très influencée par les théories de philosophes comme Anaxagore, Aristote ou Platon.

Sommaire

[modifier] Histoire de la noétique

[modifier] Le Noûs d’Anaxagore

Anaxagore soutenait que le noûs (esprit, intellect) était la cause de l'univers.

[modifier] L’intellect selon Aristote

Dans la tradition occidentale et dans la philosophie arabe, une bonne partie de la noétique s'est développée grâce à l'étude de certaines œuvres d'Aristote comme :

[modifier] Développements des aristotéliciens

[modifier] Développements des néoplatoniciens

Le néoplatonisme apporte à la noétique des solutions issues des réflexions sur l'Un et le Multiple principalement.

[modifier] Développements des philosophes arabes

Les philosophes arabes ont développé des notions et des théories noétiques originales pendant plusieurs siècles. Ils ont été généralement influencés par le néoplatonisme.

[modifier] Développements des philosophes médiévaux latins

Les philosophes médiévaux latins reprennent les textes aristotéliciens et les développements originaux des philosophes arabes afin d'apporter une nouvelle contribution à la noétique.

[modifier] Concepts principaux de la noétique

[modifier] Questions principales traitées par la noétique

[modifier] La révolution noétique

D'un point de vue moins philosophique mais plus sociologique, on appelle « révolution noétique » le passage de la société de consommation à la société de la connaissance, de l'économie industrielle à l'économie immatérielle. La noétique, en très bref, est l'étude de la connaissance. Non pas seulement de la valeur des connaissances comme le fait l'épistémologie, non pas seulement des mécanismes mentaux et neurobiologiques comme le font les sciences cognitives, mais, plus généralement, comme l'étude, sous tous leurs aspects, de la production (créativité), de la formulation (sémiologie et métalangages), de la structuration (théorie des systèmes, des paradigmes et des idéologies), de la validation (critères de pertinence, épistémologie) et de la prolifération (processus d'appropriation et de normalisation) des idées, au sens le plus large de ce terme, c'est-à-dire des « formes » abstraites (le mot « idée » vient du grec eïdos qui signifie « forme »).

Elle étudie notamment la dynamique et les cycles de vie des idées et des théories : conditions d'émergence (de récentes études ont porté, par exemple, sur la genèse des théories de la relativité), déploiement, apogée, dégénérescence et déliquescence. On peut citer, par exemple, la belle synthèse de Frédéric Lenoir parue récemment sous le titre Les Métamorphoses de Dieu – La nouvelle spiritualité occidentale (Plon – 2003) où sont étudiées les diverses (r)évolutions des traditions et courants religieux durant ce dernier siècle.

On le voit le champ est vaste. Presque tout y est encore à défricher. Les méthodologies restent souvent à inventer. Les concepts eux-mêmes, si l'on veut éviter barbarismes et néologismes jargonneux, doivent souvent être reformulés avec soin. Puisque les langages, les logiques, les sciences, les idéologies, les religions, les traditions font tous parties intégrantes de la Connaissance humaine et donc, comme tels, soumis à des cycles de vie et de mort, la Noétique, pour éviter le piège tautologique ou réductionniste, se doit de les inclure tous mais en les dépassant : de nouvelles (méta)méthodologies, de nouvelles (méta)logiques et de nouveaux (méta)langages doivent donc être mis en œuvre. On comprend qu'il serait absurde d'étudier la connaissance scientifique en lui appliquant, telle quelle, la méthode cartésienne qui en est la poutre faîtière. La regarder au travers de la vieille fenêtre positiviste ou scientiste reviendrait à la faire s'admirer elle-même dans un miroir opaque.

Historiquement, on peut dire que le développement récent de la Noétique est enfant de la révolution informatique qui, en provoquant le traitement, l'échange et le stockage de quantités immenses d'informations (donc d'éléments de connaissance), a rendu indispensable une réflexion de fond sur la nature, la structure et les procédures de la connaissance en général.

Mais la Noétique est plus qu'un champ d'études et de recherches. Elle est aussi au cœur des chavirements de notre époque …

Une révolution noétique ?

Cette même révolution informatique, avec, pour parangon actuel, le phénomène Internet, a également enclenché une révolution de fond, paradigmatique (au sens de Kuhn) : nous passons de l'âge « moderne » à l'âge post-moderne, de la société des objets et de la consommation à la société de la connaissance et de l'information, d'une économie industrielle à une économie immatérielle, d'un pouvoir de l'argent à un pouvoir du talent, d'une vision mécaniste et réductrice du monde à une vision organique et holistique du monde. C'est cela que j'appelle la « révolution noétique ». Elle avait été prédite par Henri Bergson, Albert Einstein, Werner Heisenberg, etc. et elle a déjà été décrite par Edgar Morin, Ilya Prigogine, Trinh Xuan Thuan, Ervin Laszlo, Hubert Reeves, Jacques Lesourne, Henri Atlan, et bien d'autres…

Que s'est-il donc passé ? Rien de plus que la réalisation de la prédiction de Pierre Teilhard de Chardin quant à l'émergence, au départ de la sociosphère humaine (précédée de la lithosphère et de la biosphère), d'une nouvelle « couche » sur l'oignon terrestre : une couche abstraite faite de connaissances autonomes et reliées entre elles par des réseaux infinis. Cette couche, Teilhard l'appela la « noosphère » : l'évolution cosmique est passée successivement de l'Energie à la Matière, de la Matière à la Vie, et passe, maintenant, de la Vie à la Pensée (donc à la connaissance). C'est la révolution informatique qui a permis l'accélération contemporaine de cette émergence noosphérique.

L'homme, après s'être libéré des dangers de la Nature sauvage, se libère, aujourd'hui, peu à peu, de l'emprise de la Machine (emblème et modèle mécaniste de la Modernité) et de l'Objet (emblème de la société mercantile de la consommation) pour entrer dans l'ère de la connaissance et de la pensée créative. Cette libération n'est pas neutre quant aux comportements…

Une culture noétique ?

Cette révolution noétique induit déjà des changements comportementaux et sociaux fondamentaux. C'est ce que les sociologues américains Paul Ray et Sherry Anderson ont appelé : L'Émergence des créatifs culturels (Ed. Yves Michel – 2001). En deux mots, hors de la bipolarité classique entre « modernistes » (tenants du progrès technologique, de la consommation effrénée et de l'euphorie hédoniste) et « traditionalistes » (tenants du « bon vieux temps » et de toutes les nostalgies morales, idéologiques et religieuses), les enquêtes menées montrent la montée d'une troisième force (qui représente entre 25 et 30% des populations adultes aux États-Unis et en Europe). Cette troisième force, les créatifs culturels, déploie une conception du monde et de la vie qui, probablement, deviendra bientôt dominante. On y trouve les valeurs principales suivantes : autonomie sociale, respect actif de la nature, spiritualité libre, accomplissement de soi, défiance politique (leur devise serait : ni à gauche, ni à droite, mais en avant !), multi-activités et multi-appartenances, nomadismes (cf. Jacques Attali), solidarités sélectives, désurbanisation, médecines douces et diététiques étudiées, réhabilitation du corps, réactivation du cerveau droit en plus du cerveau gauche, etc.


[modifier] Bibliographie


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